Combat de l’estime de soi

Combat de l’estime de soi

J’ai toujours essayé d’avoir un certain équilibre et d’être en accord avec moi-même, quoiqu’il arrive. En revanche il y a des moments dans notre vie, que beaucoup peuvent rencontrer, où notre estime de soi se trouve biaisée. Puisqu’elle est un équilibre entre notre vison de soi, l’acceptation de soi, l’amour de soi et la confiance en soi. Mais malheureusement, il suffit qu’un ou plusieurs de ces paramètres se retrouvent défaillant pour engendrer un mal-être plus ou moins important.

J’ai déjà abordé le sujet sous plusieurs posts instagram, sans réellement l’approfondir. En le traitant de manière superficielle, comme si je n’assumais pas moi-même le fait que ce soit une source de complexe permanent. J’ai essayé de positiver alors que je savais pertinemment que je ne tiendrai pas longtemps sur cette voie. Je souhaitais en parler pour aider les autres. Alors qu’en réalité je l’ai abordé que furtivement, j’ai effleuré le problème du bout des doigts comme si ce n’était pas grave, que c’était « trois fois rien », comme si je voulais montrer au monde que je n’étais pas vraiment concerné.

Comme si j’avais besoin de me convaincre que ce n’était rien. Qu’il n’y avait rien. RAS. C’est à ce moment que j’ai compris qu’il en résultait d’un réel problème d’estime de soi. Qu’est-ce que je vaux auprès des autres si je me mets à nu comme ça ? Ma vision de moi est déjà partie en lambeaux, pourquoi souhaiterai-je que la vision que les autres ont en soit ainsi ? C’est en y réfléchissant, que j’ai réalisé. Réalisé qu’au-delà d’un simple problème du quotidien, c’était devenu un véritable complexe. Que je n’assumais pas. Parce-que je ne m’acceptais plus comme ça.

Vous me suivez jusqu’à la fin de cet article ? Je vous raconte tout.

PAYE TON ACNE ! Mon histoire 


⏤ 2010 ⏤

J’ai 14ans quand je décide de consulter un dermatologue pour mon acné. Diagnostiquée légère à modérée, j’avais donc été mise sous l’antibiotique Tolexine durant 6mois avec les crèmes Cutacnyl et Differine. Ce qui a plus ou moins été concluant ! Je ne souffrais pas d’acné sévère, elle avait donc été simple à évincer. Je m’en suis donc à peu près débarrassé, du moins c’est ce que je pensais. Car un mois après la fin du traitement, tout est revenu. Déprimé, je n’ai pas cherché à retourner la tête dans les cachets et compagnie, étant persuadé que rien ne comptait marcher sur moi. J’ai donc laissé le temps faire les choses. Et finalement, mon acné s’est améliorée toute seule. Elle s’est atténuée, réduite à quelques petits boutons de temps en temps. Rien de bien méchant ! C’était « vivable » et globalement « supportable ».

⏤ 2015 ⏤

J’ai 18ans et j’entre dans la vie étudiante. Bonjour la belle ville de Bordeaux, mon appartement à moi seule, l’entrée à la faculté. Une nouvelle page qui s’écrit, celle de ma vie d’adulte. Mais c’était bonjour le début du drame. J’ai commencé à retrouver un ou deux boutons par-ci, par-là. Puis un autre, puis un autre… Je me disais que c’était sûrement le stress, le manque de sommeil, la mauvaise alimentation étudiante, la pollution de la ville. J’ai tenté d’être patiente, de voir si ce n’était pas qu’une petite passe. Sauf que ça empirait de plus en plus, jusqu’à redevenir une véritable source de complexe. L’ACNÉ IS BACK ! Et pas des moindres. J’ai décidé de reprendre le problème en mains et de trouver un dermatologue qui pourrait m’aider à mettre un terme définitif à ce calvaire.

C’est le jour-j. Je suis reçu par une dermatologue plus pressée d’enchainer les clients pour faire du flouz plutôt qu’à s’intéresser à ses patients. Qui ont, le plus souvent, besoin d’être écoutés, compris, rassurés et orientés. Un bonjour rapide, je m’installe en face d’elle. Elle me demande de lui expliquer la raison de ma venue, je lui fais donc mon speech. Elle regarde ma peau de sa chaise derrière son bureau, ne prend pas le temps de m’ausculter de plus près et me propose alors Roaccutane sans m’avertir ni m’expliquer en détails de ce qu’un tel choix engendre sur les mois à venir.

Perplexe par un diagnostique si lourd posé à la légère, comme si elle me prescrivait une boîte de doliprane. Je refuse, bien évidemment, ce traitement me faisait peur. Je ne me sentais pas prête à me jeter la tête la première là-dedans, surtout suivi par un médecin avec aussi peu d’implication. Alors elle me remet sous Tolexine durant 4mois cette fois-ci, avec possibilité de passer sur un traitement au Zinc après. Ce qui fut un énième echec ! J’ai abandonné une nouvelle fois, dépité de ne jamais voir la lumière au bout du tunnel.

⏤ AUJOURD’HUI ⏤

Aujourd’hui je me retrouve une nouvelle fois dans cette situation inconfortable, qui me pousse dans mes retranchements. Après une courte période de tranquillité où mon acné était gérable, elle revient en crise. J’ai envie de dire que j’ai l’habitude, mais je ne suis plus une ado, j’ai bientôt 21 ans et mon acné actuelle est dix fois pire que celle de mon adolescence, et cette fois-ci, je n’assume plus. Il y a quelques semaines, mon seul problème était de camoufler mes cicatrices. Mais c’était trop beau pour durer…

ESTIME DE SOI, LA CHUTE LIBRE


C’est très dur de sentir que l’on perd pieds avec soi-même. De voir qu’on est capable de fondre en larmes dans une cabine d’essayage ZARA parce-qu’au lieu de regarder le pull que l’on vient d’essayer, on reste bloqué sur ce qui nous complexe. A se trouver moche, quelque soit les vêtements qu’on portera, allant même jusqu’à se trouver dégueulasse et sans intérêt.

J’ai repoussé mon copain, je dirai 29484932937 fois pour être exacte. Parce-qu’il me regardait de trop près et que j’avais la psychose de croire qu’il fixait mes imperfections. Et ça me mettait mal à l’aise. Je ne supportais plus mon propre regard sur ma peau, alors comment voulez-vous que je cautionne celui des autres ? Ce qui allait bien trop loin. Bien plus loin qu’un problème de confiance en soi, c’était devenu un véritable soucis d’estime.

Je n’ai jamais voulu me comparer aux autres, je me le suis toujours interdit. D’une car nous sommes tous différents, et de deux car je ne trouve pas que cela puisse aider qui que ce soit. Mais ces derniers temps, mon obsession était de scruter la peau de chaque personne que je croisais et de me demander « pourquoi ? ». Pourquoi j’ai pas une peau comme ça moi ? Pourquoi on m’a pissé dessus à la naissance comme ça ? Really.

C’est un fardeau. J’aimerai que les gens se rendent compte à quel point l’acné n’est pas simple à vivre au quotidien. Parce-que bon nombre d’entres vous voient ça comme « des boutons ». Mais ce ne sont pas que « des boutons ». C’est un moral en baisse, c’est un visage douloureux en permanence, c’est un baisse de confiance en soi, c’est une acceptation qui se fait de plus en plus compliquée, c’est se cacher derrière des artifices pour tenter de fuir un mal être, c’est l’étape du miroir, c’est la solitude, c’est difficile.

ROACCUTANE, JE SAUTE LE PAS ?


 

Le fameux traitement par excellence. Celui que j’ai déjà refusé pensant que je ne serai pas obligé d’en arriver là. J’avais tout de même eu l’espoir de voir disparaitre mon acné avec d’autres alternatives, en vain.

Après beaucoup de réflexion, avec mes proches et surtout avec moi-même, j’ai enfin pris une décision. Probablement celle que j’aurai du prendre il y a longtemps ? Dans moins d’une semaine, je rencontre un nouveau dermatologue afin de parler avec lui de mon envie (oui de mon envie carrément!) de passer sous Roaccutane. Malgré le nombre d’avis qui diabolisent ce traitement, j’ai rencontré des personnes l’ayant fait et les résultats parlent d’eux-même.

Je sais que Roaccutane est dur et éprouvant. Il nécessite une prise en charge et un suivi médical sérieux, et qu’il engendre une batterie d’effets secondaires qui varient d’une personne à une autre, donc je ne peux m’identifier au parcours d’un tel ou d’un tel. En revanche ce que je sais, c’est que je suis mentalement prête. Prête à assumer n’importe quel effet indésirable durant les longs mois de traitement.

Je vous avoue que je commence un peu à perdre la boule, je ne m’en sors plus. Et il faut se rendre à l’évidence, il me faut un traitement de fond qui traite le problème à la racine. C’est beau de rêver qu’avec le temps, tout fini par s’arranger. Mais parfois il faut aussi cogiter dans le bon sens et se rendre compte qu’un petit coup de pouce n’est pas négligeable.

JE VOUS EMMÈNE AVEC MOI !


Ce que j’ai retenu de ces derniers mois, c’est que je ne peux avancer seul. Lorsque l’on est complexé, le jugement des autres peut faire mal, mais ce n’est pas ce qui m’inquiète le plus. C’est surtout mon propre jugement, que je porte à mon égard, qui est le moins supportable. Ce que peuvent penser les autres à la limite, je m’en contre fiche. J’aimerai simplement pouvoir trouver un terrain d’entente avec moi-même. Mais c’est un combat qu’on ne peut mener seul.

Si mon dermatologue trouve qu’il est nécessaire de passer sous Roaccutane, je vous emmènerai dans ma guerre des prochains mois contre l’acné . Je pense que j’ai besoin de partageais ça avec vous. Sans filtre, sans artifice. Pour m’assumer entièrement et assumer les méfaits du traitements. De montrer publiquement l’envers du décor. Mois après mois, avec des photos à l’appui. Que vous puissiez voir l’état de ma peau avant de commencer puis son état au fur et à mesure.

Mais surtout pour vous montrer que vous n’êtes pas seuls. Car je sais que nous sommes beaucoup à souffrir d’acné. Je me suis beaucoup renfermé et je me suis souvent senti seule ces dernières années. C’est un réel combat d’estime de soi qu’il faut prendre au sérieux, afin de ne pas se laisser ronger de l’intérieur.

Lorsque j’étais en plein doute concernant Roaccutane, je sais que mon premier réflexe était de chercher des avis, des témoignages, des immersions dans le traitement. Je voulais voir des photos, des vidéos, des résultats. Savoir comment les différentes personnes avaient vécu le médicament, l’impact que cela avait eu sur eux durant les différents mois du traitement. Et c’est surement le réflexe que nous avons tous avant de se lancer dans de telles choses. Alors si mon expérience peut en aider certains à prendre eux aussi leur décision, je suis prête à vous emmener dans cette aventure.

 

PAULINE

 

 

 

 

 

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